GENESIS


La vie et le vivant sont des expressions évoluées de l'organisation de la matière.

 

La matière obéit à des principes.

Les sciences humaines  nomment ces principes qui animent la matière et le vivant  " lois de la physique".

Les religions et les sciences sacrées parlent  de "souffle divin créateur"

De par des circonstances si rares et exceptionnelles qui tiennent quasiment du miracle, de la combinaison de tant de paramètres improbables, la terre s'est vue dotée de cette capacité incroyable à héberger puis à faire évoluer les premières  briques de la vie organique par une chimie biologique complexe.

Pourtant, partout dans l'univers, la matière n'a de cesse de s'organiser ainsi dès lors que des conditions favorables à son développement se trouvent réunies.

Et les occasions ne manquent pas dans ce vaste terrain de jeux et d'expérimentations qu'est l'univers.

 

Une bonne centaine de milliards d'étoiles dans la voie lactée, galaxie dans laquelle vogue le soleil petite étoile insignifiante mais souveraine pour ce qu'elle représente pour la vie sur terre.

Des milliards de galaxies semblables connues et nos moyens d'investigation étant limités, bien des recoins galactiques restant à découvrir.

Voici donc des centaines de milliards de milliards d'occasions pour la vie de prendre son essor.  De prendre pied sur l'une des  centaines de milliards de milliards de planètes gravitant autour de tous ces astres que nous appelons les étoiles.

Se poser la question si la vie a pu se développer ailleurs dans d'autres oasis fertiles et émettre un doute à ce sujet, est du même registre que de constater que tout semble tourner autour de nous, autour de la terre, et ainsi prétendre naïvement, comme ce fut le cas dans l'antiquité et jusqu'aux prémices du 16éme siècle dans les milieux érudits, que la terre est au centre de l'univers ou encore, dans un autre registre d'expertise humaine, prétendre que l'être humain de par des prédispositions exceptionnelles (de notre point de vue évidemment) est l'élu unique d'un Dieu, est seul dépositaire d'une Âme.

Et que par conséquent, il peut disposer à loisir et sans restriction de l'Eden terrestre.



Au commencement était ...

De ce que nous pouvons observer et déduire

L'histoire de l'univers telle que décrite dans la théorie du BIG BANG commencerait il y a 13,8 milliards d'années.

"Ce qui s'est passé dans les premières fractions de temps exprimées en milliardièmes de milliardièmes de milliardième de seconde après le point initial est un stade qui demeure aujourd'hui assez mal compris. Il n'y avait ni galaxies, ni étoiles, ni molécules, ni atomes. Il n'y avait qu'une masse informe sans structure, un magma désorganisé porté à des milliards de degrés."  

Ce fragment de milliardième de seconde, après le temps zéro, durant lequel a démarré une phase de croissance exponentielle que les érudits de la question appellent " l'inflation", première accélération de l'univers.

Deux courants de pensées travaillent actuellement à l'élaboration de cette théorie ne sachant que choisir entre : 

- accélération par la manifestation d'une matière exotique

- conséquence d'une modification à un moment T des lois de la gravitation

 

Les deux pouvant être considérées comme tangibles bien que physiquement différentes. Comme le fait remarquer Vincent Vennin (Laboratoire Astroparticules et cosmologie de Paris) : "il existe une transformation mathématique permettant d'écrire une famille dans l'autre".

Une belle brochette d'une centaine de théories brodent actuellement autour de ce terme "inflation de l'univers". 

De quoi donner de maux de tête, des nuits d'insomnies et du fil à retordre pour les années à venir à tous ces théoriciens.

En 2028, une sonde japonaise tentera de détecter pour la première fois des ondes gravitationnelles originelle.

Ce qui se serait déroulé après, toujours dans les premières fractions de seconde, est expliqué par la physique des particules.

"La force fondamentale initiale donne naissance aux quatre forces régissant l'univers connu que sont : la force électromagnétique, les forces nucléaires fortes et faibles, la force de gravitation".

Ce seraient formés les protons, les électrons, les neutrons, les noyaux. Après 1/100 de seconde le démarrage de la fusion nucléaire, au bout de 3 minutes la fin de la fusion nucléaire.

Après 380.000 ans se sont formés les atomes d'hydrogène neutre dont la structure atomiques est des plus simple."

Ce que nous pouvons observer de plus ancien dans l'univers avec nos moyens technologique actuels remonte à cette période de la naissance des atomes d'hydrogène neutre.

Les particules élémentaires ont continué à s'agréger pour former des étoiles, des galaxies, des quasars, des amas de galaxies.

Les premières étoiles, durant leur phase principale d'activité ont converti l'hydrogène en hélium puis en éléments plus lourds qu'elles ont disséminé dans l'univers lorsque arrivées en fin de phase principale elles ont explosé et expulsé leurs couches gazeuses externes.

Formant des nuages galactiques ces particules ont alimenté les étoiles de la génération suivante et ainsi de générations en générations d'étoiles ces particules ont voyagé dans l'univers en se complexifiant. Elles ont été disséminées et rendues disponibles pour des milieux favorables à l'émergence de la vie. 

Dans ces nuages la matière présente s'agrège sous l'effet de la force de gravitation.  Plus ces particules s'agrègent entre elles, plus elles en attirent d'autres jusqu'à former des sortes de disques d'accrétion prédisposant à la formation de nouvelles étoiles.

Dans ces disques appelés "soupe primordiale" se forment des grumeaux qui s'épaississent pour donner des corps d'une multitude de tailles parmi lesquels certains vont donner naissance à des planètes, d'autres à des astéroïdes, des noyaux cométaires,  des lunes de planètes, des anneaux de planètes. Mais la plus grande partie de ces éléments sera concentrée au centre pour donner naissance à une étoile.

Ainsi naquit il y a 4,8 milliards d'années une petite étoile en périphérie d'une galaxie voguant dans l'immensité sans fin. Comme toutes les étoiles, elle a pris ses formes dans un de ces nuages, résidu cosmique témoignant de l'existence antérieure de générations d'étoiles.

Naissance d'une planète

Après sa formation il y a 4,5 milliards d'années à partir de grumeaux de matière, résidus de la proto étoile qui donna naissance au soleil, la terre primitive, globe stérile de roches magmatiques, fut bombardée durant des centaines de millions d'années par des météorites et des noyaux de comètes, et autres résidus et matériaux n'ayant pas été happés par la masse du soleil naissant.

Restés dans leur état d'origine, n'ayant pas eus à subir la nucléosynthèse de l'étoile centrale, les éléments et particules contenus dans ces corps de roches, de métaux, de glace, furent précipités sur la terre primitive ainsi que sur les autres planètes naissantes du jeune système solaire par centaines de milliards de tonnes.

Possiblement, des éléments évolués de combinaisons de particules, de composés organiques complexes, d'acides aminés ont été apportés par ces bolides venus de l'espace.

"Des modélisations en laboratoire ont permis de mettre en exergue en 2010 qu'une compression brutale de matériaux constituant le noyau d'une comète au moment du choc d'impact pourrait également donner lieu à la production d'acides aminés, briques de la vie".

Ces éléments tendraient vers une origine éxogénétique de la vie ou conséquemment aux impacts répétitifs et innombrables de noyaux cométaires. 

Ainsi, par l'apport de grandes quantités d'eau et de matériel génétique extraterrestre, naquit sur terre l'océan primitif ensemencé. Les plans des fondations étaient posés et d'autres conditions idéales permirent l'émergence de la vie sur terre.

L'atmosphère terrestre primitive était principalement composée de méthane, d'ammoniac, de dioxyde de carbone, de vapeur d'eau, de sulfure d'hydrogène. Peu à peu elle a évolué par l'action des ultraviolets sur les molécules présentes, perdant son méthane peu à peu remplacé par du gaz carbonique et de l'azote. Le CO2, gaz à effet de serre, pris un temps le relais de la baisse de l'activité solaire. La température était toujours très élevée.

Vers moins 4,1 milliards d'années, "les sources volcaniques chaudes, les sédiments argileux riches en carbone biogénique graphitisé associés structurellement à l'oxygène, l'hydrogène, l'azote, le phosphore ou le phosphate, les ressources cristallines telle la Pyrite, les micas, les porphyroblastes de grenat métamorphique" présentes en nombre ont pu être des points de départ d'assemblage d'éléments prébiotiques, d'acides aminés.

Mais surtout les sources hydrothermales disposées dans les océans aux commissures  des plaques de la croûte terrestre ont été des acteurs primordiaux de cette disposition à la chimie prébiotique permettant de passer de la matière inerte à la matière vivante **.

Tous les corps célestes naissant et orbitant autour d'étoiles sont soumis à ce même scénario.

La vapeur d'eau et le gaz carbonique (CO2) peu à peu transférés dans l'océan, l'atmosphère se trouva majoritairement chargée en azote. L'effet de serre diminuant, la température de surface descendit pour atteindre 70 à 100 °C.

Dans ces milieux extrêmes de température, de pression, d'acidité, vinrent les premiers organismes extrémophiles monocellulaires connus tels les procaryotes, les archées et des archéobactéries.

Vinrent des organismes porteurs du matériel génétique ARN puis ADN dont la réplication est beaucoup plus complexe. Les virus, probablement premiers organismes porteurs d'ADN interagissants plus tard avec les premiers organismes monocellulaires porteurs d'ADN tels les bactéries auxquels ils transmettent les informations génétiques dont ils sont porteurs. 

Vers moins 3,4 milliards d'années, les stromatolites (équivalents par similitude des coraux actuels) ont été formés par des colonies de bactéries près des rivages en eau peu profonde. La température de l'océan primitif était de 70°C.

Par la photosynthèse oxygénique, vers moins 2,5 milliards d'années, des organismes unicellulaires appelés algues bleues ont synthétisés de la chlorophylle et ont produits de grandes quantités d'oxygène par transformation du CO2 présent. Par leur métabolisme, ces bactéries ont totalement transformé le biotope marin et terrestre. Elles sont à la base de toute la vie actuelle sur terre. 

Peu à peu il se forma une couche d'ozone protégeant la surface de la terre du rayonnement ultraviolet solaire. Les conditions devinrent particulièrement adaptées au développement d'organismes utilisant l'oxygène devenu disponible comme comburant vital.

De nouvelles formes de vie apparues dans l'océan, se multiplièrent.

La reproduction sexuée apparue il y a 1,5 milliards d'années.

"Les premiers mollusques sans coquille apparurent il y a 700 millions d'années, les premières plantes terrestre à moins 480 millions d'années, les poissons il y a 470 millions d'années, les plantes à graines, les premiers insectes et invertébrés terrestres il y a 400 millions d'années."

Puis ce fut le grand saut à la surface de la terre. "Les amphibiens il y a 350 millions d'année furent les premiers vertébrés à coloniser la terre ferme. Les reptiles apparaissent dans et hors de l'eau il y a 290 millions d'années." 

Un temps les dinosaures ont dominés la terre de moins 230 à moins 65 millions d'années, les premiers petits mammifères se sont développés il y a 200 millions d'années attendant leur tours pour se faire une place au soleil, puis sont apparus les oiseaux il y a 150 millions d'années, les plantes à fleurs il y a 135 millions d'années.

Tout ce temps ne s'est pas écoulé comme un long fleuve tranquille, sans cataclysmes et sans heurts.

Les effets de la tectonique des plaques, du volcanisme, les heurts d'objets extraterrestres, les périodes de glaciations, de sécheresses ont largement modifiés et affectés les conditions du développement de la vie sur terre. 

Pas moins de 6 extinctions majeures ont remodelé le "paysage" du vivant au cours de ce chapitre terrestre. 

A moins 542 Ma, moins 475 Ma, moins 370 Ma, moins 252 Ma, moins 200 Ma et moins 65 millions d'années la vie a été profondément affectée sur terre. Des formes de vie ont disparues, ont été totalement ou partiellement décimées laissant place à des espaces nouveaux pour le développement de nouvelles niches, de nouvelles espèces. 

Après l'extinction des grandes espèces reptiliennes il y a 65 millions d'années, les mammifères purent prendre leur essor, coloniser la terre en se diversifiant largement. Certains retournèrent  dans les océans. Leurs descendant actuels étant les cétacés.

** C'est ainsi que nous pouvons observer, depuis leur découverte en 1977 à 2400 m de profondeur, à proximité de telles cheminées hydrothermales disposées sur la dorsale du pacifique et en d'autres lieux abyssaux, des formes de vie extrêmophiles. Dans cet environnement dépourvu de lumière et malgré des pressions des milliers de fois supérieures à celle de la surface terrestre, vivent et se développent des formes de vie improbables et partiellement méconnues.



Homo erectus et Cie

"La lignée humaine regroupe le genre homo et tous les genres fossiles ayant une parenté plus proche avec les humains qu'avec les chimpanzés, l'espèce parmi les grands singes la plus proche de l'homme."

Si l'on admet que les particularités de différentiation des hominidés et des grands singes, leurs cousins, sont le déplacement sur les membres postérieurs, alors les plus anciens hominidés connus apparurent autour de moins 7 à moins 8 Ma.

Vient l'australopithèque daté de moins 4,2 Ma avec, suite à une découverte faite en 2012 au Kenya, une présomption d'utilisation d'outils en pierres vers moins 3,3 Ma.

 Auparavant, les chiffres annoncés étaient de moins 2,4 Ma pour homo rudolfensis et moins 2,3 Ma pour homo habilis suivi de homo ergaster vers moins 1,95 Ma.

"La présence attestée de homo antecessor vers 0,85 Ma est la première présence humaine en Europe, suivi de homo heidelbergensis probable ancêtre de homo néandertal daté de moins 430.000 ans. Ce dernier s'éteignit il y a près de 30;000 ans après plusieurs millénaires de cohabitation avec homo sapiens dont les premières traces sont  datées de moins 400.000 ans en Afrique." Cet homo évolué arrivé en  Europe il y a environ 48.000 ans, est notre ancêtre direct.

Si l'on compare par la durée l'histoire de l'humanité à l'histoire de la terre, si la terre avait un siècle, les premiers hominidés seraient apparus vers le 10 septembre de la 100ème année et homo sapiens dont nous descendons directement, le 25 décembre de cette même année.

 

Quel avènement, n'est-ce pas !

Sortir de l'espace confiné de la caverne

Un jour, à l'aurore de l'humanité, ces hominidés élèvent leur regard au-dessus de la ligne d'horizon autrement que pour y distinguer ce qui pourrait être une menace directe à leur existence quotidienne.

Ils scrutent le ciel  pour y déceler les changements qui s'y opèrent, inquiets de ce que les éléments leurs réservent.

Le soleil qui fait le jour, apporte chaleur et réconfort rythmant les saisons et les vies.

Les rudesses de l'hiver passées laissant place à une certaine douceur des nuits d'étés, sont des moments privilégiés, propices au vagabondage de l'esprit.

Les passages cycliques de la lune, les éclipses solaires et ces étranges petites lueurs de la nuit suspendues dans l'éther attisent l'imagination, la fascination, génèrent des peurs chez ces êtres mus  par leur cerveau reptilien archaïque. 

Les hommes à travers les âges, pris par cette nécessité à dépasser leurs peurs et trouver des réponses à leurs questionnements furent pris de questionnements, de certitudes, générant des attitudes en accord avec leur lente émergence de leurs conditions primitives.

Ils adoptèrent des systèmes de croyances, des rituels, des cérémoniels, des rites visant à les placer au cœur même des événements naturels. Ils sacralisèrent leurs corps physiques en enterrant leurs morts et par cette attitude attestent de leur conscience intuitive de l'ordre sacré du monde. Nous sommes encore dans les prémices de l'humanité.

Ils virent dans le ciel milles et tant de signes et y inscrivirent des formes et des histoires en rapport à leurs légendes.

Ils inventèrent les calendriers pour découper les cycles de la nature, puis beaucoup plus tard des mécanismes de plus en plus complexes pour mesurer le temps, pour plus de précision dans cette tâche organisatrice indispensable à l'émergence des sociétés modernes.

Des hommes perdus dans l'immensité

Ainsi vers moins 3,3 millions d'années, marquant le début du paléolithique, " l'homme, branche aléatoire, fragile et provisoire de l'évolution foisonnante des espèces", a pris son essor campé sur ses jambes, utilisant ses mains pour fabriquer des ustensiles, des outils, des techniques de chasse, des techniques de construction, des techniques de guerres. S'arrachant peu à peu de la glaise, pour bâtir humanité après humanité, civilisation après civilisation, empire après empire, un monde de plus en plus distant des valeurs essentielles de la vie, l'être humain s'inventa un monde de concepts rien qu'à lui.

Un univers dans lequel, malgré sa nature profonde, il n'est plus connecté ou si rarement au monde des lois naturelles et universelles.

L'Homme qui marche debout, ne peut se désintéresser de ce qui fut il y a très très longtemps à l'origine de son existence et ne peut demeurer dans cette forme de candeur juvénile qui le pousse à l'irresponsabilité de ses actes dans des pratiques égocentriques et intéressées.

L'univers, le système solaire, la terre, nous, êtres vivants pensants : tout est composé de cette matière née dans le grand creuset de la forge cosmique, tout est relié et interagit selon des principes naturels et indissociables. L'UNITE.

Car de par l'unicité même de la matière dans l'univers, tout est lié et tout est interdépendant sur terre comme partout ailleurs.

L'esprit humain dissocie les genres, dissèque le vivant, secteurise les éléments en disciplines, classe le monde en catégories/sous catégories, hiérarchise tous les êtres y compris et surtout  lui-même.

C'est sa manière à lui de prendre conscience qu'il existe, sa manière à lui de mettre son sceau sur le vivant pensant ainsi accéder à la maîtrise des choses.

L'Homme demeure aujourd'hui dans cette incapacité à considérer la globalité universelle comme le fondement unique de l'existence de toute chose. Cet animal aux capacités d'adaptation uniques, prédateur suprême, impose à présent sa volonté sur terre et sur l'ensemble du vivant se prêtant au jeu de sa vision narcissique du monde et de la création.

Il est et demeure cet enfant qui prend conscience du monde par des expériences sensorielles et construit sa psyché autour d'une interprétation interactive expérimentale et émotionnelle. 

Cependant, niant les lois de la physique et de la biologie en les détournant à ses intérêts, il oublie qu'avant d'être nommées et quantifiées par lui, ces lois naturelles qui composent avec la matière et l'organise existaient bien avant lui et existerons bien après lui.

Sourd aux cris de mère Gaïa, il a monté le son de son casque antibruit et se fourre la tête dans le sable argumentant pour mieux se justifier de ses actes tout en ignorer leurs conséquences.

Il pense que, parce qu'il pense et sait créer de nouvelles technologies, qu'il est en droit de s'affranchir des ces lois universelles. Son orgueil n'a de limites que dans son impuissance face aux éléments lorsque ceux-ci se déchaînent et que devant la réalité des faits il prend conscience qu'il ne peut les contrôler. 

Et là il cherche des parades, échafaudant des plans de secours aux catastrophes qu'il a lui-même provoqué.

Avouons donc simplement que nous sommes en incapacité de gestion, d'éternels apprentis sorciers, des prédateurs sans noms. De mémoire de Terre, jamais un être n'a été aussi ingrat, aussi vil et irresponsable.

 

Ce manque d'humilité et de discernement qui fait si souvent défaut aux hommes  les éloigne de leur vrai nature, de leur vraie place parmi les créatures du vivant. Et c'est exactement par cette vanité qu'arrivent tous les malheurs humains et toute les problématiques auxquelles nous nous confrontons depuis longtemps, actuellement et probablement pour le reste de notre règne.



Les chemins tortueux de l'ambiguïté humaine

Les temps changent, la réflexion humaine suit des chemins tortueux dans des successions de certitudes et  de doutes. Ainsi les vérités d'hier laissent la place à de nouvelles certitudes balayées à leur tours demain.

Les sciences développée par l'homme appliquant le principe de la constatation en accord avec des protocoles d'observations, d'expérimentations, sont conditionnée par l'avancée technologique, par des variables de théories, de philosophies devenant pour un temps  les maîtres à penser d'une élite intellectuelle, d'un courant spirituel ou philosophique.

La vision du monde par l'homme est intrinsèquement liée a sa capacité à se connecter au réel. Mais dans l'ensemble cette vision se limite à des concepts de profit et de rentabilité. Son attitude égocentrique lui a fait oublier d'où il est parti et il ne sait plus où il va, quelles sont ses priorités, quelle est sa responsabilité dans ses actions et leurs conséquences. 

Voilà de quoi est constitué le parcours des hommes modernes.

Quoi qu'ils en pensent, quoi qu'en déduisent leurs connaissances fragiles, leurs expériences, leurs théories, leurs observations, leurs expérimentations mais aussi leurs croyances, leurs argumentations, leurs spéculations :

leur science, leur savoir sont les produits à un moment T d'une somme de connaissances et de méconnaissances de la réalité de la vie, de la réalité de l'univers. 

Evolution normale dira-t-on, manque d'expérience. Les jeunes humains ne font-ils pas des centaines de bêtises avant de comprendre le sens des choses ?

Ainsi la jeune humanité a bien le droit de se tromper n'est-ce pas ? Mais générations après générations cet être en devenir refait les mêmes erreurs depuis des siècles sans jamais apprendre aucune leçon.

S'il faut retenir une seule chose de ces successions de paradigmes qui confortent les hommes dans leur quête d'absolu, de toutes ces contrevérités, de toutes ces controverses conduisant à leur lente & difficile accession à des formes de connaissances qui demeurent fragiles, c'est qu'il nous faut garder en toutes circonstances, toutes disciplines et activités humaines confondues, un esprit critique et clair face aux affirmations arrêtés, un discours nuancé face aux affirmations tenaces, une distance intellectuelle intuitive pour ne pas perdre le discernement.

Mais avant tout il est impératif et vital de se méfier des idées, des théories, des dogmes, des croyances, des injonctions qui contraignent les libertés, nivellent les peuples dans leurs différences et les individualités dans leur profonde et légitime intimité. La tendance est forte, hier comme aujourd'hui, à la réduction des individus et de leurs particularités à un ensemble de standards, à un formatage social conduisant peu à peu à une normalisation collective. 

Les chemins tortueux de la connaissance humaine

Une somme colossale de connaissances accumulées par des centaines de générations est disponible pour tous ceux qui sont en quête de vérité.

Parmi ces connaissances beaucoup ne figurent pas dans les manuels scolaires ni les publications scientifiques et elles n'y figureront probablement jamais, car les sujets dont elles traitent ne sont pas considérés comme essentiels  ou sont  même considérés dérangeants ou subversifs à l'ordre souhaité et établi par les formes de pouvoirs instaurées de par le monde par une poignée d'hommes puissants aux intentions affichées de soumettre les masses à leur volonté d'intérêts privés.

D'autres connaissances dérangeant les dogmes de la science, de la médecine, sont purement et simplement écartés du domaine de la recherche car jugées non rentables, ne générant pas de profits alors qu'elles nous parlent avec sagesse de savoirs oubliés et d'autres possibles pour l'humanité. 

Parfois ces savoirs dérangent au point qu'ils sont tournées en ridicule auprès du large public par ceux-là même qui souhaitent imposer leur visions du monde en en interdisant la pratique, ne souhaitant pas perdre la maîtrise à leurs profits des événements. L'intégrisme et ses pratiques sectaires a ses adeptes dans toutes les disciplines, il fait partie de la névrose et de la tentation humaine. 

Ainsi beaucoup d'aspects avérés de la réalité restent méconnues du plus grand nombre.

Mais pour ceux qui ont l'intuition des choses et un cœur sincère, pour ceux qui n'ont pas peur de briser le miroir pour voir ce qui se cache derrière, pour ceux qui demeurent d'éternels curieux insatisfaits, pour ceux qui ne prennent pas pour argent comptant ce que les manipulateurs de conscience leurs proposent comme réponses à leurs questionnements, pour tous ceux qui réfléchissent par eux-mêmes aux grands sujets du monde du vivant, qu'ils se rassurent.

Leur opiniâtreté, leur sens critique, les poussant et les guidant dans leur quête, d'autres réponses les attendent, d'autres facettes du vivant. 

Et s'ils sont sincères et à l'écoute, ils sauront reconnaître en leur plus fort intérieur le juste du faux.



La tête dans les étoiles, les pieds presque sur terre

Tant de périodes se sont succédées durant les 4500 millions d'années de l'existence de la terre avec l'émergence puis la destruction naturelle de formes de vie improbables présentes à sa surface. 

A croire que la vie s'accroche plus que tout.

A croire que le dessein global est que quoi qu'il arrive, la palette des possibles de l'émergence de la vie est toujours le but ultime de l'organisation de la matière. Et que nous le voulions ou pas, il en est ainsi. Ici et partout.

Et voilà qu'une espèce humanoïde lève la tête et se met à penser et s'organiser indépendamment, "croit-elle", du reste du monde.

Comme au temps des grandes conquêtes terrestres qui a vu les hommes s'investir dans des colonisations sans fins à but mercantiles et oppressives, ils se prennent à présent à rêver d'aller sur d'autres planètes, vers d'autres étoiles en vue d'y implanter des colonies vu que leur appétence de puissance n'a pas de limites et que dans leur litière terrestre ils ont complètement "merdé" dans la gestion des ressources, poussés qu'ils sont par leurs démons et leurs instincts primaires déguisés "de bon sens et d'argumentation intellectuelle". 

La terre n'est qu'une toute minuscule petite goutte perdue dans l'immensité, ne pas la chérir, ne pas en prendre soin est une attitude suicidaire collective.

Ignorer cette réalité nous conduira à notre perte aussi sûrement que nos agissements par le passé ont conduit à l'anéantissement de sociétés et de cultures entières.

Comprendre cela, essayer de l'inscrire en pratique dans nos actes à travers notre grande capacité de pensée, est un pas vers plus de sagesse, une nécessité vers plus d'humanité, le gage d'un avenir plus viable, pour l'homme et toutes les autres formes de vie que la terre vivante héberge et couve.

Elle paie aujourd'hui un lourd tribu, cette planète qui nous porte et nous donne à profusion.

Ce qui me console est qu'elle finira toujours, du moins dans les quelques milliards d'années à venir, par se remettre des catastrophes. Cela fait totalement partie de ses plans d'évolution.

Elle s'en remettra aussi sûrement qu'elle s'est remise des profonds changements qu'elle a traversée tout au long de son existence, poursuivant sa destinée de porteuse de vie.

Parfois les événements donnent le change à d'autres possibles qui n'attendent qu'une opportunité pour s'exprimer. Et pour cela, comme par le passé, ici et partout, un règne doit finir pour laisser de la place à de nouvelles expressions du vivant.

 

Dominique Mayer - Photographies du vivant


Sources d'inspiration principale du texte pour les parties  "Au commencement était", "Naissance d'une planète", "Homo erectus et Cie" :

  • Wikipédia
  • Encyclopédie "Astronomie" éditions Atlas


 UA-65022866-1