Astrophotographie - Aspects techniques


Les passionnés de photographie, les curieux du ciel aimeront peut-être connaître certains détails techniques concernant les prises de vues réalisées dans cette rubrique consacrée au "Macrocosme".

Petit historique

En astronomie, la discipline que j'affecte le plus est l'observation et la photographie de la lune et des planètes.

J'ai acquis en 1981 un télescope de la marque Celestron. Il comporte une optique de type Schmidt-Cassegrain de 203 mm de diamètre et de 2000 mm de focale monté sur une fourche équipée de 2 moteurs asynchrones 220 volts sur l'axe d'ascension droite permettant de compenser la rotation de la terre. Une table équatoriale permet d'aligner l'axe du télescope sur celui de la terre en fonction de la latitude du lieu d'observation. De son petit nom "C8", il était assez rare de le trouver parmi les équipements amateurs de l'époque.

 

J'avais fait le choix de cet équipement dès le départ pour pouvoir aborder sérieusement le domaine de l'astrophotographie planétaire à haute résolution.

Quelques accessoires sont venus compléter le C8 : renvoi coudé, redresseur terrestre, réducteur de focale 0,65x à plein champ, diviseur optique, 10 filtres visuels et photographiques, quelques oculaires dont un réticulé/éclairé de fabrication artisanale, des bagues allonge, bague T, pour l'essentiel.

 

Un trépied, un support parallèle pour appareil photo, un convertisseur 12V/220V avec variateur et un jeu de contrepoids, tous fabriqués maison ont complété cet équipement qui jusqu'à très récemment a été mon seul compagnon de route pour l'astro.

Celestron 8 monté sur table équatoriale, avec à l'avant du tube optique la lame de schmidt et le miroir secondaire
Celestron 8 monté sur table équatoriale, avec à l'avant du tube optique la lame de schmidt et le miroir secondaire

Les gros plans de la lune, du soleil, des planètes présentés à ce jour sur le site sont tous issus de ce télescope.

Ma première approche de cette discipline s'est faite en photo argentique. Le numérique n'était pas né.

Coté contraintes pour l'imageur, il était indispensable d'être équipé d'un reflex 26X36 à rideau d'obturation mécanique et fonctionnant sans alimentation électrique, de pouvoir relever manuellement le miroir du reflex qui autrement générait des vibrations importantes au déclenchement, de disposer de la pose B.

Il était également très conseillé de pouvoir changer le verre de visée d'origine de l'appareil, les dépolis à microprismes et stigmomètre équipant tous les réflex de l'époque n'étant pas compatibles pour réaliser une mise au point précise sur des objets peu lumineux avec le rapport F/D de 10 natif du télescope qui passe à F30 voir beaucoup plus pour le planétaire.

Mon choix s'est porté sur le Pentax MX à baïonnette K qui alliait tous ces impératifs, ainsi qu'un poids limité très intéressant pour ce type de prises de vues. Et il fit très bien son office.

Résultats peu convaincants

Cinq années de cette pratique astreignante avec des résultats somme toutes pas très encourageants on finit par avoir raison de ma détermination. Cette période me permis néanmoins de me familiariser avec les techniques du développement de pellicules & le travail en chambre noire. A partir de 1982 j'orientais également ma démarche photographique vers d'autres centres d'intérêt (voir Biographie **).

L'astrophotographie argentique n'ayant pas, avec mon setup matériel réussi à me convaincre, je n'ai pas  pour autant arrêté les observations visuelles. Mon C8 est resté jusqu'à ce jour un fidèle compagnon de mes nuitées Astro, rejoint par une bonne paire de jumelles de nuit 12X80 me permettant l'observation des étoiles du ciel profond.

Autre temps, autres techniques

Celestron 8, Sigma 150/600 sport, caméras ZWO 174MM & 385MC. Setup pour le transit de mercure du 11-11-2019
Celestron 8, Sigma 150/600 sport, caméras ZWO 174MM & 385MC. Setup pour le transit de mercure du 11-11-2019

 Depuis les années 2005, avec l'avènement et le début de la généralisation de la photographie numérique, sont nées de nouvelles technique de prise de vue en astrophotographie.

Des timides résultats de ses débuts avec des capteurs souvent hors de prix, l'astrophotographie numérique a très vite dévoilé sa suprématie en terme de possibilités et de résultats pour les disciplines amateurs. 

A présent, et depuis quelques années, le matériel est devenu bien plus abordable et ne cesse de progresser en terme de qualités de résultat et de facilité d'emploi.

 

C'est au printemps 2019 que j'ai envisagé reprendre une activité plus poussée en astrophotographie. Il me fallait me refamiliariser avec un univers qui a totalement évolué depuis les années 80 mais qui est si prometteur de résultats que je ne peux que m'astreindre à m'y coller.

Etant à l'aise avec l'outil informatique et la photographie numérique traditionnelle, il n'y a plus qu'à ...

Mes premiers résultats étant encourageants, je vais devoir persévérer.


Nouveau souffle

Une vie bien remplie, des activités chronophages et puis arrive fin 2018 le statut de retraité. Une période propice à sortir des tiroirs quelques projets restées en suspens.

Mais c'est aussi une période de la vie propice à rallumer le feu de quelques passions mises un temps en berne.

C'est ainsi que vont les choses, et c'est ainsi que repris par le démon de la nuit je guette les bulletins météo & la clémence du ciel qui malheureusement, dans l'Est de la France, ne sont pas toujours des plus appropriés à cette pratique.

L'aspect technique a évolué de façon radicale.

Caméras CCD et CMOS spécifiques remplacent le boitier reflex en planétaire, poussés par l'intérêt grandissant de nombreux passionnés, les fabricants de matériels ont grandement améliorés la robustesse et la qualité des optiques et des montures.  Les logiciels de traitement des données dédiés aux différentes disciplines sont de précieux outils pour le traitement des images. 

L'informatisation des commandes des montures de télescopes, le suivi en direct sur l'écran du PC des actions et des images sont devenus la règle et non plus réservés aux pros ou aux amateurs fortunés.

Le monde de l'astro-amateur tel que je l'ai connu et pratiqué dans les années 80 a totalement évolué en une discipline aux possibilités multiples et complexe.

 

Un nouveau challenge s'offre à moi, un autre sujet de partage par l'image. 

Côté optique mon vieux C8 est toujours dans le coup, à 40 ans d'existence il n'a pas pris une ride.

Une nouvelle monture, équatoriale cette fois et Go To, s'impose et va lui donner une seconde vie. Mon choix s'est porté sur la AZ EQ6 GT de SkyWatcher. Une caméra CMOS ZWO ASI 174 MM et une 385 MC me servant à l'imagerie planétaire, des filtres dédiés à l'imagerie numérique (UV-IR cut, IR cut, Wratten 47, LRVB), un Correcteur de Dispersion Atmosphérique (CDA), des lentilles de barlow 2X & 3X, une roue à filtres automatique complètent mon équipement d'avant.

Et pour l'itinérance longue distance un nouveau tube optique facile à transporter, très stable optiquement & mécaniquement parlant : un Maksutov 180 mm de 2700 mm de focale acquis tout récemment avec la monture AZ EQ6 GT.

Monture équatoriale SkyWatcher AZ EQ6 GT, Maksutov 180/2700
Monture équatoriale SkyWatcher AZ EQ6 GT, Maksutov 180/2700

Pour le moment je n'ai pas encore imagé avec cette monture et ce nouveau tube optique.

Cet été 2020 ils partiront pour le Portugal où j'ai rendez-vous avec Jupiter et Saturne en guise "d'examen de passage".  D'ici là je compte bien dompter la monture GoTo et me faire la main sur de l'imagerie lunaire avec l'optique.

Cette nouvelle monture m'ouvre également les portes de l'imagerie du ciel profond, discipline qui n'était pas envisageable avec mon ancienne monture à fourche. Amas d'étoiles, nébuleuses, galaxies, attendent patiemment d'être cueillis et deviennent accessibles à présent.



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